Parcours de Docteurs : Gaël Fortin

Après un magistère européen de génétique et un doctorat en cancérologie, Gaël se rend compte qu’il ne souhaite pas poursuivre sa carrière dans la recherche et tombe amoureux de la vulgarisation scientifique.

Il crée alors sa chaîne Labologie, où il parle de science avec un angle humoristique, et cofonde en parallèle Exaltia afin de vulgariser les travaux de recherche de manière innovante.

Dans cette interview, découvrez le parcours de Gaël et son quotidien aux mille facettes !

Prénom :  Gaël       Nom : Fortin

📡 MASTER 2 : Magistère Européen de Génétique

🛰 UNIVERSITÉ : Université Paris Cité

🏅 DATE D’OBTENTION : 2020

📡 DOCTORAT : Cancérologie

🛰 UNIVERSITÉ : Université Paris Cité

🏅 DATE D’OBTENTION : 2023

💡 SCIENTIFIQUE PRÉFÉRÉ : Marthe Gautier

🚀 LE TITRE DE TA THÈSE : Étude du rôle de PML dans la guérison de la leucémie aiguë promyélocytaire

 

 

Q : Peux-tu te présenter et nous raconter ton parcours en quelques lignes ?

GF : Je suis vulgarisateur scientifique et l’un des cofondateurs du studio d’innovation culturelle Exaltia. J’ai eu d’abord un parcours académique avec une licence, un master et un doctorat en biologie. Ces formations m’ont conduit à faire de la recherche en stage et en thèse, à la fois en France et à l’étranger, aux Etats-Unis.

Pendant mon doctorat, j’ai créé ma chaîne Youtube : Labologie. J’y parle de science avec un angle humoristique.

À la fin de mon doctorat en 2023, j’ai commencé à être freelance en vulgarisation scientifique. Et très rapidement, j’ai fondé avec deux autres ex-chercheurs, Terence Saulnier et Renaud Pourpre, Exaltia, qui est au service des scientifiques pour vulgariser leurs travaux de Recherche de façon innovante.

 

Q : Pourquoi avoir choisi le doctorat ?

GF : Quand j’étais en première scientifique au lycée, j’ai eu la chance de faire un programme de recherche en biologie et en mathématiques et ça m’a donné envie de faire de la recherche après le lycée ! Pour devenir enseignant-chercheur, je savais qu’il fallait avoir un doctorat et donc j’ai décidé de faire une licence, un master et un doctorat de biologie.

Je l’ai fait parce que c’était avant tout un choix de carrière professionnelle, pour devenir enseignant-chercheur. Le Magistère européen de génétique que j’ai suivi de ma licence 3 à mon Master 2 préparait aussi naturellement à faire une thèse. C’était donc l’étape suivante logique après mon Master. 

 

Q : En quoi consiste ton métier actuel ?

GF : A plein de choses différentes ! Déjà, à Exaltia, on est une équipe de trois personnes et on travaille également avec des freelances en plus. Donc, il y a toute une partie de mon travail qui consiste à faire de la coordination, de la gestion de projets et puis ensuite, évidemment, de mener tous ces projets.

Quand je mène tous ces projets de vulgarisation scientifique, il y a plein d’étapes : écrire, discuter avec les scientifiques, tourner les vidéos dans les laboratoires, faire du montage vidéo… Toutes ces étapes permettent de concevoir ces vidéos de vulgarisation scientifique que nous produisons à Exaltia

Une autre facette de mon métier, c’est aussi de former les scientifiques à la vulgarisation scientifique. Je vais donc dans les instituts de recherche, dans les universités et je rencontre des étudiants, des chercheurs et des chercheuses pour leur donner les bons outils pour être capable de vulgariser la science

 

Q : Comment as-tu trouvé ton métier actuel et qu’est-ce qui t’a attiré dans ce métier ? 

GF :

Pendant ma thèse, je me suis rendu compte que je ne voulais pas poursuivre dans la recherche après le doctorat.


Je me suis donc demandé ce que j’allais faire. J’ai suivi des after-work et différentes sessions qui m’ont permis de mieux comprendre ce que j’aimais ou pas. Et c’est là que j’ai découvert que la vulgarisation scientifique pouvait être un débouché après une thèse.

J’ai rencontré pas mal de monde dans le secteur pour mieux comprendre à quoi correspondaient ces métiers. Ce qui m’a attiré dans le métier que je fais aujourd’hui, c’est de fait de pouvoir rester au contact de la recherche. Je continue de lire des articles de recherche au quotidien et d’être régulièrement dans les laboratoires avec les scientifiques !

Ce que j’aime beaucoup aussi, c’est l’aspect mission de « service public » de rendre cette science accessible à toutes et à tous. Et le fait que ça mélange plein de compétences, à la fois des compétences de production et aussi des compétences de gestion de projet et aussi des compétences plus business

 

Q : Qu’est-ce que le doctorat t’apporte dans tes fonctions au quotidien ? Est-ce que tu utilises des compétences que tu as acquises pendant ton doctorat dans ton métier actuel et si oui, lesquelles ?

GF : Deux choses. D’abord, la méthode scientifique. Cette méthode-là que j’ai acquise pendant mon doctorat, j’utilise encore aujourd’hui au quotidien, quand je lis des articles de recherche, quand j’essaie de comprendre la recherche d’un ou d’une scientifique. Ça me permet de garder mon esprit critique et de comprendre la science derrière les articles et les résultats.

Ensuite, toute la partie gestion de projet. Le doctorat m’a appris à gérer des projets de grande envergure avec plusieurs personnes impliquées et en fait, c’est à peu près la même chose que je fais aujourd’hui, même si le contexte change. 

 

Q : As-tu eu des mentors ou des modèles qui t’ont inspiré ?

GF : La première personne qui m’a fait comprendre que je pouvais faire de la vulgarisation scientifique après un doctorat, c’est Elodie Chabrol que vous avez d’ailleurs interviewé. J’ai eu la chance ensuite de discuter avec beaucoup de personnes dans le secteur. Je pense notamment à Pierre Kerner qui a été un de mes enseignants et qui est un grand féru de vulgarisation scientifique

 

Q : Quels conseils donnerais-tu aux futurs docteurs qui souhaiteraient occuper un poste similaire au tien ?

GF : La vulgarisation scientifique, c’est un métier à part entière qui demande de développer des compétences. Il existe des formations, mais elles ne sont pas obligatoires.

La vulgarisation scientifique, c’est surtout une affaire de compétences.


Et ces compétences-là, on peut les développer par soi-même, mais ça demande beaucoup d’entraînement et de pratique ! Je conseille aux futurs docteurs de se renseigner avant de se lancer et de contacter différentes personnes du secteur pour mieux comprendre à quoi correspondent leurs réalités au quotidien. 

 

Q : As-tu des recommandations de ressources (livres, podcasts, médias) à partager ?

GF : Deux recommandations : la chaîne Youtube Sci+ de Viviane Lalande, et le blog RaccourSci. Ce sont de belles ressources pour apprendre à mieux vulgariser ! Et puis, les chaînes Youtube Labologie et Exaltia bien sûr 😉